L’industrie et le carbone
Sidérurgie

 

Le carbone dans les alliages de fer

Le carbone rentre donc dans la composition des fers industriels, des aciers et des fontes. Mais il prend plusieurs formes selon la teneur en carbone et la température de fabrication et donc sa solubilité dans le fer.

Aciers

Dans l’acier (entre 0,1 et 2,1 % de carbone), la totalité du carbone est en solution solide dans les phases solides.

Une solution solide est un mĂ©lange formĂ© par la dissolution, dans un rĂ©seau cristallin mĂ©tallique, d’atomes d’un second Ă©lĂ©ment. Il y a 2 cas possibles :
- soit l’élĂ©ment est incorporĂ© dans la maille cristalline Ă  cĂ´tĂ© ou entre deux atomes de l’élĂ©ment principal : on parle d’une solution solide par insertion,
- soit l’élĂ©ment est incorporĂ© Ă  la place d’un atome de l’élĂ©ment principal dans la maille cristalline : il s’agit alors d’une solution solide par substitution.

Ainsi, le fer alpha existe entre l’ambiante et 727°C. Il s’agit d’une solution solide cubique centrĂ©e appelĂ©e aussi ferrite. Cette solution est pauvre en carbone de 0,006 % Ă  l’ambiante jusqu’à 0,022 % Ă  727°C. La ferrite est ferromagnĂ©tique.

Le fer gamma existe Ă  partir de 727°C. C’est une solution solide cubique faces centrĂ©es appelĂ©e aussi austĂ©nite. Cette solution est riche en carbone puisqu’elle peut comporter jusqu’à 2,1% de carbone Ă  1148°C. Si ce mĂ©lange est refroidit Ă  vitesse moyenne, on obtient de la troosite très dure formĂ©e de la cĂ©mentite et des lamelles de ferrite. Si ce mĂ©lange est refroidi plus rapidement, le matĂ©riau Ă©volue vers de la bainite en aiguilles, voire de la martensite (système quadratique ; sous forme de plaques ou d’aiguilles) après une trempe (refroidissement brutal). Le fer gamma est paramagnĂ©tique. La cĂ©mentite (ou carbure de fer) est un composĂ© chimique dont la formule est Fe3C et la structure est orthorhombique. Elle contient 6,67 % de carbone. C’est un composĂ© très dur.

Le fer delta est stable Ă  partir de 1410°C. Il s’agit d’une solution solide cubique centrĂ©e appelĂ©e aussi ferrite delta. Cette solution peut dissoudre 0,10 % de carbone Ă  1493°C.

La perlite est un constituant biphasĂ© de l’acier. C’est un agrĂ©gat formĂ© de 89 % de ferrite et 11 % de cĂ©mentite. Sa structure est formĂ©e de lamelles alternĂ©es de cĂ©mentite et de ferrite. La germination se fait aux joints de grain de la phase mère austĂ©nitique.

La lĂ©dĂ©burite est un mĂ©lange hĂ©tĂ©rogène d’austĂ©nite et de cĂ©mentite obtenu Ă  l’eutectique (4,3 % de carbone et Ă  1147°C). A l’ambiante, après transformation, la lĂ©dĂ©burite s’appelle lĂ©dĂ©burite transformĂ©e car elle conserve sa structure mais l’austĂ©nite se transforme en perlite.

Diagramme binaire fer - carbone. - 44.4 ko
Diagramme binaire fer - carbone.

Fontes

Dans la fonte (entre 2,1 et 6,67 % de carbone), une partie du carbone dissous Ă  l’Ă©tat solide prĂ©cipite sous forme de graphite ou de carbure. Plusieurs types de fonte existent.

Dans le cas d’une fonte blanche (sans graphite), la solidification et le refroidissement s’opèrent suivant le diagramme fer-cĂ©mentite. Leur structure est un rĂ©seau de carbures dans une matrice perlitique.

Dans les fontes grises, la plupart du carbone se trouve sous forme de lamelles de graphite. Le pourcentage en carbone de la matrice dĂ©pendra de la vitesse de refroidissement. Si la vitesse de refroidissement est très lente, tout le refroidissement depuis l’Ă©tat liquide s’opĂ©rera en suivant le diagramme fer-graphite : la structure finale sera de type ferrite-graphite. Si on augmente la vitesse de refroidissement, la solidification commencera suivant le diagramme fer-graphite puis se poursuivra selon le diagramme fer-cĂ©mentite. C’est le cas le plus complexe oĂą l’on pourra obtenir une structure ferrite-perlite ou perlite seule. Il arrive Ă©galement que dans ces deux matrices, on note la prĂ©sence d’une lĂ©dĂ©burite (soit pure, soit enrichie de phosphore). Si la vitesse de refroidissement devient rapide, la solidification et le refroidissement suivront les lois du diagramme fer-cĂ©mentite. Dans ce cas, on obtiendra de la ferrite et de la lĂ©dĂ©burite.

Plusieurs facteurs ont une influence sur la vitesse de refroidissement : facteurs liĂ©s au moule, Ă  la grosseur de la pièce, Ă  la tempĂ©rature de la fonte au moment de la coulĂ©e, Ă  la tempĂ©rature de dĂ©cochage (sĂ©paration de la pièce coulĂ©e et solidifiĂ©e de son moule), mĂ©thode de refroidissement…