Histoires de Carbone
Cycle du carbone

 

Le cycle global

Cette figure résume le cycle global du carbone, avec ses réservoirs et les flux existant entre ces stocks.

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Représentation du cycle global du carbone
Selon Kump, Kasting et Crane, Prentice Hall, 1999.

Le temps de résidence d’un atome de carbone est estimé à 4 ans dans l’atmosphère, à 11 ans dans la biosphère, à 385 ans dans l’hydrosphère de surface, à plus de 100 000 ans dans l’hydrosphère profonde et à 200 000 000 années sans la lithosphère.
Dans le cycle global du carbone, il faut différencier et hiérarchiser des sous-cycles qui, certes, interagissent mais à des échelles de temps différentes. Ainsi, on parle de cycle court pour le cycle du carbone organique (espèces vivantes) et de cycle long pour celui du carbone inorganique (éléments non-vivants). Mais il faut garder à l’esprit que ces deux séries de processus biogéochimiques sont intimement liées et qu’elles interfèrent l’un avec l’autre.

Cycle court, cycle du carbone organique

On considère que le cycle court du carbone organique s’opère sur des temps inférieur au siècle et qu’il repose sur le phénomène de recyclage du carbone grâce à la photosynthèse, la respiration, à l’oxydation et la fermentation. Le schéma ci-dessous illustre les échanges et les stocks de carbone (exprimés en GT).

Le mécanisme de base du cycle court est la conversion du carbone inorganique en carbone organique lors de la photosynthèse et la conversion inverse lors de la respiration.

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Représentation du cycle court du carbone
Selon Kump, Kasting et Crane, Prentice Hall, 1999.

La photosynthèse permet aux vĂ©gĂ©taux et aux bactĂ©ries (producteurs primaires) de synthĂ©tiser de la matière organique : les feuilles captent la lumière du soleil. Elles absorbent aussi de l’eau par leurs racines et le gaz carbonique de l’air. Les plantes se servent de l’Ă©nergie du soleil pour changer l’eau et le dioxyde de carbone en glucose (hydrates de carbone), tout en rejetant de l’oxygène. Le glucose quitte ensuite la feuille et est transportĂ© dans tout l’organisme pour le nourrir. On dit que l’énergie solaire est transformĂ©e en Ă©nergie chimique qui sera utilisĂ©e par les organismes consommateurs qui sont hĂ©tĂ©rotrophes, c’est-Ă -dire qu’ils sont incapables d’effectuer eux-mĂŞmes les synthèses de leurs constituants Ă  partir d’Ă©lĂ©ment minĂ©raux (animaux, champignons, certaines bactĂ©ries). Ainsi, ces consommateurs puissent leur Ă©nergie et leur nourriture en ingĂ©rant les producteurs primaires et en respirant.

Ainsi, la respiration transforme la matière organique (hydrates de carbone) grâce à l’oxygène libre en dioxyde de carbone et en eau.
Il faut alors prĂ©ciser que dans la nature, la matière organique est soit respirĂ©e et donc oxydĂ©e par les plantes ou les animaux, soit dĂ©composĂ©e par l’activitĂ© microbiologique (micro-organismes, bactĂ©ries et champignons) qui enrichit en carbone les sols et les sĂ©diments. La dĂ©composition de la matière organique se fait :
- soit par des organismes aérobies, ceux qui utilisent l’oxygène libre pour leur métabolisme et donc respirent,
- soit par des organismes anaérobies, ceux qui utilisent uniquement l’oxygène contenu dans la matière organique et qui dégradent la matière organique via la fermentation.

La fermentation intervient donc dans ces flux de carbone en produisant du dioxyde de carbone et du méthane à partir des hydrates de carbone de la matière organique. Ces gaz libérés dans l’atmosphère. Le méthane, qui est un gaz à effet de serre bien plus dangereux que le CO2, s’oxyde en dioxyde de carbone (son temps de résidence dans l’air n’est que de 10 ans) ou bien s’accumule dans des réservoirs de gaz naturels.

Cycle long, cycle du carbone inorganique

Ce cycle opère sur des échelles de temps très longues (milliers à millions d’années) car des phénomènes géologiques interviennent. Les processus mis en œuvre lors de ce recyclage du dioxyde de carbone sont l’enfouissement des matières organiques dans les sols continentaux et les sédiments marins, leur transformation en combustibles fossiles ou en roches sédimentaires, leur précipitation en carbonate de calcium et leur dégradation (oxygénation). Ces flux sont relativement faibles mais les réservoirs de carbone sont immenses et les cinétiques d’échange très longues.

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Représentation du cycle long du carbone
Selon Kump, Kasting et Crane, Prentice hall, 1999.

Les phénomènes participant à ce cycle sont les éruptions volcaniques, l’érosion des roches, l’enfouissement de la matière organique, l’absorption océanique et la précipitation des carbonates.

L’érosion des roches silicatĂ©es (45 Ă  76 % de silice), qui constitue la plupart des roches Ă©ruptives, libère en solution des ions calcium et bicarbonate. Ces ions sont transportĂ©s par les cours d’eau et les rivières vers les ocĂ©ans. Les carbonates de calcium prĂ©cipitent dans les eaux de surfaces des ocĂ©ans et se dissolvent dans les eaux profondes. Le CaCO3 est assimilĂ© sous forme ionisĂ© par tous les organismes et immobilisĂ© sous forme de calcaire par beaucoup d’entre eux. Les sĂ©diments carbonatĂ©s, dĂ©posĂ©s au fond de la mer, sont Ă  nouveau reconvertis en silicates de calcium et en dioxyde de carbone quand les plaques ocĂ©aniques sont poussĂ©es sous les autres plaques par la subduction de la tectonique des plaques. Le CO2 rentre, de nouveau, dans l’atmosphère, par les Ă©ruptions volcaniques.

La biocalcification (fabrication de squelettes et de coquilles) modifie les flux de CO2, de calcium et d’alcalinité dans les hydro-systèmes (séquestration du carbone inorganique et d’alcalinité). Ce processus semble donc très sensible aux impacts anthropiques et notamment à la perturbation globale du cycle de carbone et aux contaminations atmosphériques (acidité des pluies). De plus, la précipitation des carbonates de calcium est fonction de la disponibilité du CO2.

L’absorption par l’océan du carbone est complexe. On sait que le CO2 est plus soluble dans l’eau froide (donc plus profonde que l’eau de surface) que dans l’eau chaude. La circulation convective permet donc au flux d’eau de se refroidir (et donc de dissoudre le carbone) au niveau de l’Atlantique Nord, de cheminer le long de l’Afrique pour rejoindre les océans Indien et Pacifique où l’eau remonte en surface en libérant l’excès de CO2. Les courants de surface ramènent les eaux à leur point de départ. L’ensemble du trajet est estimé à 1 000 ans.

L’enfouissement de la matière organique dĂ©gradĂ©e par des microorganismes s’accompagne d’une augmentation de tempĂ©rature et de pression et de rĂ©actions thermo-catalytiques et de craquage thermique : ces Ă©tapes permettent de rĂ©duire la matière (Ă©liminer l’azote et l’oxygène) et de sĂ©parer les phases fluides (huiles et gaz mobiles) des phases solides (rĂ©sidus carbonĂ©s).