Le carbone sous toutes ses formes
Charbons
Origine et exploitation
Origine
Les charbons sont des roches sédimentaires organodétritiques (issues de l’accumulation de matières organiques). La formation du charbon a commencé vers la fin de l’ère primaire (200-300 millions d’années) durant la période dite du carbonifère.
Ainsi, le charbon ou la houille est un combustible solide résultant de la fossilisation à l’abri de l’air de végétaux (végétaux supérieurs et fougères donnant des charbons dits humiques ; spores et algues donnant des charbons dits sapropéliques).
Après l’étape d’accumulation de débris de végétaux, il y a eu recouvrement de cette couche végétale par les eaux consécutif à des mouvements géologiques (affaissement de terrain, plissement du sol…). Au dessus de cette strate, une nouvelle végétation s’est développée. Et une étape d’accumulation de végétaux se reproduit, suivie d’une superposition de terrain et d’eaux. Les couches de végétaux enfouis sont alors confrontées à des pressions et des températures de plus en plus élevées.
Durant cet enfouissement, la matière organique subit un traitement thermique, appelĂ© houillification qui est une carbonisation Ă basse tempĂ©rature (infĂ©rieure Ă 100-200°C) sur plusieurs centaines de millions d’annĂ©es. La matière organique libère alors de l’eau, du gaz carbonique et des hydrocarbures permettant au matĂ©riau de s’enrichir en carbone.
Depuis l’accumulation de matière, les couches de dépôt initialement horizontales ont subi plusieurs mouvements géologiques qui les ont déformés. Selon le pendage des couches, on parle de plateures (quasi horizontales), de semi-dressants (inclinaison de 20 à 45 %) et de dressants (quasi verticales).
Exploitation
Le charbon est exploité dans des mines souterraines (puits, galeries) ou à ciel ouvert. Il se présente sous forme de gisements en veines.
Le charbon est extrait Ă l’aide de machines imposantes appelĂ©es les haveuses. Il est ensuite transportĂ© Ă la surface oĂą il subit un nettoyage par flottation (sĂ©paration des minĂ©raux stĂ©riles (sables et argiles) dans l’eau).
Une fois le charbon extrait, il doit ĂŞtre transporter des mines vers les centrales Ă©lectriques ou les sites de transformation et d’utilisation. Plusieurs modes de transport s’offrent au charbon en fonction de la distance Ă parcourir : convoyeurs Ă bande, camions, trains, pĂ©niches, bateaux, pipelines...
Plusieurs facteurs avantagent l’exploitation Ă ciel ouvert par rapport Ă celle Ă mine souterraine. Elle est moins coĂ»teuse, plus rentable en termes de productivitĂ© et de souplesse de gestion. Les conditions de travail y sont beaucoup moins dangereuses. NĂ©anmoins, elle est moins satisfaisante d’un point de vue Ă©cologique puisqu’elle est synonyme de dĂ©figuration des sites et de pollution atmosphĂ©rique locale.
La majorité des mines de charbon dans le monde sont souterraines.
En France, l’origine de la première exploitation de charbon est fixĂ©e au XIième siècle oĂą les moines gardois brĂ»laient « les pierres noires » pour chauffer leur monastère.
Les réserves de charbon sont géographiquement et géopolitiquement bien réparties dans le monde. Les risques de tension et d’approvisionnement sont donc faibles.
Ainsi, en 2000, le BP Statistical Review estimait les rĂ©serves mondiales prouvĂ©es de charbon (hors lignite) Ă 507 milliards de tonnes Ă©quivalent pĂ©trole. Les Etats-Unis, le Canada, l’ex-URSS et l’ExtrĂŞme-Orient cumulent près de 70 % des rĂ©serves de charbon.
Les réserves sont considérables mais leur exploitation reste onéreuse et les restrictions imposées pour limiter l’émission de gaz à effet de serre font que l’exploitation du charbon est ralentie ou suspendue dans certains pays industrialisés. Ainsi, suite au pacte charbonnier de 1994, l’exploitation de la dernière mine de charbon de La Houve en Lorraine est stoppée en 2004.
