Le carbone sous toutes ses formes
Autres carbones

 

Cokes

Les cokes rĂ©sultent de la pyrolyse de brais de houille ou de pĂ©trole. Après une calcination Ă  1 200-1 400°C, la majeure partie des Ă©lĂ©ments volatils s’est Ă©chappĂ©e du coke.

Définition, fabrication et propriétés

Le coke est un solide Ă  haute teneur en carbone, de structure non graphitique. Il est produit par pyrolyse d’un matĂ©riau organique (charbon, houille). Durant cette Ă©tape de carbonisation, le matĂ©riau subit, au moins en partie, une fusion : il passe au stade plastique (Ă©tat liquide ou cristal liquide). Ce passage au stade plastique le diffĂ©rencie des carbonisats, rĂ©sidus solide de pyrolyse. Cette distillation du matĂ©riau permet d’éliminer les composĂ©s gazeux et fluides emprisonnĂ©s dans la structure.

La fabrication du coke se fait en vase clos Ă  1 200-1 350°C dans de nombreux fours immenses : on peut voir des cokerie de 25 Ă  60 fours de dimension 12-15 m de long, 4-8 m de haut et 0,5 m de large. Une fois l’opĂ©ration de cokĂ©faction commencĂ©e, le four ne peut ĂŞtre arrĂŞtĂ© durant la durĂ©e du traitement thermique (15 Ă  20 heures). Le coke obtenu est refroidi par aspersion d’eau ou sous flux de gaz inerte.

Le carbone non graphitique obtenu est de type graphitable (carbone tendre), c’est-à-dire, que sa structure cristallographique évolue progressivement vers celle du graphite hexagonal parfait par un traitement à haute température. D’un point de vue structural, le terme coke caractérise donc l’état de carbone graphitable avant le début de la graphitisation.

La teneur en carbone des cokes obtenus Ă  1000°C varie de 95 Ă  99 % selon les composĂ©s organiques prĂ©curseurs. Les teneurs les plus faibles correspondent gĂ©nĂ©ralement Ă  des prĂ©curseurs riches en oxygène ou en soufre. Le coke peut contenir de la matière minĂ©rale (silice, oxyde de fer, oxyde d’aluminium, oxyde de calcium…) selon la composition des matĂ©riaux d’origine.

Les sous produits de sa fabrication servent de matières premières Ă  la carbochimie : benzols, gaz, goudrons, sulfate d’ammonium…

La production de coke (400 millions de tonne par an dans le monde) se fait en cokeries sidĂ©rurgiques (attachĂ©es Ă  des complexes mĂ©tallurgiques), en cokeries minières (sur sites d’extraction de charbon) ou en cokeries indĂ©pendantes. Nous pouvons citer quelques cokeries en France : Carling, Drocourt, Sollac, Lorfonte…

Applications

Le coke est essentiellement utilisĂ© en sidĂ©rurgie oĂą il remplit trois rĂ´les principaux dans le haut-fourneau :
- il favorise la circulation des gaz montants (rôle perméabilisant),
- il fournit la chaleur nécessaire à la poursuite de la réaction,
- il assure la réduction des oxydes et la carburation du fer.

Pour ĂŞtre un bon permĂ©abilisant, en particulier en bas du haut-fourneau oĂą le minerai devient visqueux, le coke doit ĂŞtre d’un calibre homogène, lĂ©ger, non fusible et mĂ©caniquement rĂ©sistant Ă  la compression. En outre, sa teneur en soufre doit ĂŞtre faible pour ne pas polluer la fonte et un taux bas en phosphore et mĂ©taux alcalins garantit un bon fonctionnement du haut-fourneau et une bonne qualitĂ© de fonte. Il doit prĂ©senter une rĂ©activitĂ© suffisante avec le dioxyde de carbone pour prĂ©-rĂ©duire au maximum les oxydes de fer.

L’électrométallurgie (ferro-silicium, ferro-manganèse, ferro-chrome, carbure de calcium…) consomme de grande quantité de coke pour la réduction des oxydes par le carbone.

D’autres industries utilisent du coke : c’est la cas de la production de chaux et de gaz carbonique associĂ© qui sont les bases de la fabrication de sucre Ă  partir de betteraves et de la chimie du carbonate de soude. Dans ce cas, un taux bas de cendres et en soufre est exigĂ©.

Divers types de coke

Coke de pĂ©trole :
Il s’agit d’un sous-produit solide noir après craquage et carbonisation du résidu sous vide de goudrons, brais ou pétrole. C’est une substance solide, plus dure que le charbon, composée essentiellement de carbone (90 à 95 %) et généralement de 2 à 10 % de soufre. Il peut comprendre de 5 à 15 % de matières volatiles et est généralement pauvre en cendres.
Il peut être utilisé comme combustible industriel (PCI de 29 000 à 36 000 kJ.kg-1), par exemple en cimenterie, comme charge dans les cokeries sidérurgiques et pour la fabrication d’électrodes.

Cette appellation recouvre Ă©galement le « coke de catalyse », qui se dĂ©pose sur le catalyseur pendant les opĂ©rations de raffinage ; ce coke n’est pas rĂ©cupĂ©rable et est gĂ©nĂ©ralement brĂ»lĂ© comme combustible dans les raffineries.

Coke cru ou coke vert :
Le coke vert est le produit solide primaire issu de la carbonisation de fractions d’hydrocarbures Ă  haut point d’ébullition, Ă  une tempĂ©rature infĂ©rieure Ă  630°C
Il contient des composĂ©s volatils (4 et 15 %) emprisonnĂ©s dans la structure selon la vitesse de chauffage. Ces molĂ©cules peuvent ĂŞtre relarguĂ©es lors d’un traitement thermique ultĂ©rieur jusqu’à environ 1300°C.

Coke de four :
C’est un produit solide obtenu par carbonisation de charbon, principalement le charbon Ă  coke, Ă  une tempĂ©rature Ă©levĂ©e. Le coke de four est Ă©galement connu sous le nom de coke mĂ©tallurgique et est utilisĂ© principalement dans l’industrie sidĂ©rurgique.

Semi coke :
Le semi-coke est un coke de four, solidifiĂ© entre le dĂ©but de la fusion du charbon (environ 350°C) et la complète dĂ©volatilisation des composĂ©s volatils (500-600°C).
Il est utilisé comme combustible domestique.

Coke de gaz :
C’est un sous-produit de l’utilisation du charbon pour la production de gaz manufacturĂ© ou gaz de ville dans les usines Ă  gaz. Le coke de gaz est essentiellement utilisĂ© comme combustible domestique.

Coke de lignite :
Il s’agit d’un produit solide obtenu par carbonisation de briquettes de lignite.

Bibliographie

Les mots de la combustion, http://www.gfcombustion.asso.fr/glossaire.php ?langue=fr&lettre=C&choix=36 (21/07/2006).

Données Carbone, Société Française de Chimie, http://www.sfc.fr/Donnees/mine/carbone/texcarb.htm (01/08/2006).

Les usages et les produits, Cokes de Carling, www.cokesdecarling.com/fr/usages/index.html (10/07/2006).

Elaboration du mĂ©tal primaire, Coke mĂ©tallurgique, J. M. DuchĂŞne, D. Isler, E. Yax, Techniques de l’ingĂ©nieur, M7340.